La Taupe
Auteur : John le Carré
Editeur : Livre de Poche
Année : 1974
Londres, en plein guerre froide, alors que le mur sépare encore Berlin Est de Berlin Ouest. Il est devenu évident, sans aucune contestation possible, que quelque part au plus niveau des services de renseignements britanniques (le Cirque est le surnom évocateur habituellement donné à l'Intelligence Service) un agent double officie depuis plusieurs années, installé par le centre de Moscou. La liste des suspects se résume à cinq hommes, brillants et dévoués qui ont été des hommes d'actions remarquables. C'est l'un d'entre eux, Georges Smiley qui a été chargé de débusquer l'intrus. Au fur et à mesure que Smiley avance dans ses investigations c'est un monde d'illusions qui s'écroule nous rapprochant de la solution finale. On y croise des lampistes, des as de la filoche, des chasseurs de scalp, des traîne-patins, des agents traitants, les cousins (les homologues américains), des babby-sitters. Chaque espion est manipulé, surveillé ou grillé. La survie de l'autre côté du rideau de fer est délicate.
Sans doute pas ce qu'il faut lire si vous n'avez jamais abordé le genre "espionnage". L'intrigue est lente à se mettre en place et la profondeur du récit gagne en importance au fur et à mesure que les personnages et leur complexité sont présentés. La présentation des circonstances dans lesquelles l'existence d'une taupe est suspectée, est présentée à Georges Smiley par ses condisciples sur quatre chapitres ! Ce roman possède ses adeptes ou ses détracteurs. Si vous accrochez, à la fin de ce volume vous n'aurez qu'une hâte : lire Comme un Collégien et les Gens de Smiley. Sinon tentez le dernier Houelbecq !
- Quand voilà que tout d'un coup, poursuivit Tarr, arriva une demande urgente du permanent de Hong-Kong. Ils avaient en ville une petite délégation commerciale soviétique, rien d'important, qui ramassait du matériel électrique pour Moscou. Un des délégués était tout le temps fourré dans les boîtes de nuit. Un nommé Boris, Mr Guillam a tous les détails. Pas de dossier sur lui. On l'avait en filoche depuis cinq jours, la délégation devait rester encore douze jours. Politiquement c'était trop délicat pour que les gars sur place s'en chargent, mais ils estimaient qu'en l'abordant de front cela pourrait marcher. Ca n'avait pas l'air d'une affaire extraordinaire, mais après tout ? Peut-être qu'on devait simplement l'acheter pour l'avoir en stock, pas vrai Mr Guillam ?
© Le Carré Production, 1974
Note : 8/10
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